Accueil Livres EAT

EAT

366
0

Vous vous êtes déjà demandé ce que contient la viande que vous mangez ? Par exemple votre dinde de Noël ? Oui ? Je ne parle pas du nombre de protéines, de vitamines, de matières grasses, etc. Non, plutôt de ce qu’a mangé la dinde, ce qu’on lui a injecté par piqûre, dans quelles conditions sanitaires elle a été élevée ? Comment ? Cela ne figure pas sur les étiquettes ? Voilà tout le problème ! Avec « EAT », Gilles Lartigot nous livre le résultat de son investigation.

Une petite précision : Gilles Lartigot est québécois d’adoption et végétarien. Tu veux te moquer de son accent et de son régime ? Libre à toi, mais il faut savoir qu’il mesure plus d’un mètre quatre-vingt-dix et pèse facilement cent kilos de muscles, donc tâchons de faire profil bas avec lui et laissons-le parler un petit peu.

Sa vision se résume assez simplement : nous vivons dans une société toxique pour notre santé. La nourriture industrielle nous rend malade. La pollution, le stress et les produits chimiques font partie de notre quotidien. Ce sont des faits. Au travers de son livre, il nous explique comment lui, l’ancien grand mangeur de viande attaché à la bonne nourriture de ses grands-parents pendant son enfance, a du mal à tolérer les fast-food, sodas et scandales alimentaires, à tel point qu’il fait de son alimentation et de son mode de consommation, une priorité.

Les chroniques d’un fauve dans la jungle alimentaire, pour reprendre la sous-titre du livre, ou bien la réflexion et l’enquête d’un individu retranscrites aux travers d’images, investigations et surtout d’interviews très fournies de professeurs, d’apiculteurs, et autres. Un musicien nous explique même son végétarisme, ce qu’apportent les différentes catégories d’aliments, quels sont les produits utilisés pour le traitement des animaux et s’ils sont toxiques ou non.

Tout le monde a entendu, dans nos chers médias « mainstream » qui nous tiennent à cœur (hum hum !), des scandales alimentaires tels que la viande de cheval dans les lasagnes, la maladie de la vache folle, les biberons et l’oxyde d’éthylène. On est en droit de se demander si on peut encore avoir confiance en nos producteurs, nos politiciens et nos autorités de régulation. Pour Lartigot, la réponse est claire : NON !

OGM et farines animales sont toujours données aux bétails (pour être précis, cela dépend des pays), et la viande de ces bêtes ainsi nourries se retrouvent dans nos assiettes. Ce n’est pas avec l’arrivée du TAFTA (marché transatlantique) que cela va s’améliorer puisque, pour des raisons de compétitivité, on utilisera les méthodes d’élevage les plus rentables (donc, l’abaissement aux normes américaines) et les pays qui s’y opposeront pourraient être traînés en justice. Les conditions d’élevages sont insupportables, immorales, le règlement européen n’est pas respecté et certains animaux sont même parfois démembrés sans avoir été abattus au préalable. Si on a un peu suivi les cours d’histoire à l’école et qu’on s’est senti attristé par tant de cruauté dans les différents génocides ou esclavages des derniers siècles, alors on ne sort pas indifférent du traitement infligé à ces animaux. Le lait aussi, comme pour la viande, n’est pas épargné, en plus d’être difficilement digeste, ses biens-faits sont contestés et sa non-toxicité l’est aussi.

Nous ne sommes pas assez informés sur le sujet, la télé ne fait pas assez le boulot (Lartigot est passé sur le plateau de canal+ récemment, mais l’interview de Meta TV est, à mon avis, plus intéressante). Quoi de plus normal, les grandes marques de distribution alimentaire ne veulent pas payer pour des publicités qui seront diffusées au milieu d’un documentaire qui critique leurs méthodes. Imaginez un documentaire sur les méfaits des OGM ou les conditions animales des abattoirs, et au milieu, une publicité pour du maïs de Mosanto ou une viande Charal.

A quoi bon lire ce livre si c’est simplement pour apprendre que tout ce que l’on mange est mauvais ? Et bien non justement, pas « tout ». Dans son livre, Lartigot nous explique ce qui, selon lui, est mauvais dans notre alimentation. Il nous indique cela de manière accessible, agréable, avec de belles illustrations et en même temps, beaucoup d’informations, un très bon livre pour les novices, donc. Là où le livre fait très fort, c’est qu’il ne nous impose pas sa vision ; il nous oriente tranquillement (mais sûrement) vers de bonnes recettes -une cinquantaine de pages tout de même !- ou des alternatives à la viande et aux laits industriels.

On a par exemple « l’hyperdrive juice » qui est riche en sels minéraux, en vitamines, en antioxydants en anti-inflammatoire etc, ou bien le « EATburger » qui porte un coup fatal à Macdonald. Il y a aussi des conseils simples, comme les tisanes à la camomille, qui vont diminuer l’acidité de l’estomac et aider à dormir ou bien le tofu comme autre source de protéine. Je ne vais pas vous les détailler, si vous voulez en avoir plus, allez le commander au libraire du coin!

LAISSER UN COMMENTAIRE

Entrez votre commentaire
Entrez votre nom